SARAH GREIG
Picture Transitions (Storefront)
(Storefront)
Cette année, la bourse dédiée à la production artistique est attribuée à Sarah Greig, artiste établie à Montréal, dont la pratique prend naissance dans le dessin : dans l’histoire d’une ligne, dans les traces visuelles d’une méthodologie à l’œuvre. La pratique de Greig, profondément centrée est à la fois auto-générée et intensément réceptive au contexte immédiat dans lequel elle prend forme. Depuis quinze à vingt ans, Greig développe une démarche en marge du monde de l’art, avec peu d’égard pour ses injonctions et ses impératifs. Elle poursuit ainsi une pratique qui se déploie selon ses propres conditions, son propre rythme et sa propre logique. Cette année, Periculum souhaitait soutenir ce type d’approche à la pratique de l’art ainsi que la posture particulière qu’elle entraine à l’égard du contexte social et politique de l’art. C’est une pratique mais aussi une manière d’être artiste, qui évolue dans son propre espace et son propre temps et dont nous souhaitons souligner la légitimité.
SOUTIEN EN PRODUCTION ARTISTIQUE — 2026
SOUTIEN EN PRODUCTION ARTISTIQUE — 2026
Projet
Picture Transitions rassemble des œuvres réalisées dans des lieux marginaux ou temporaires, où les conditions propres au site servent à la fois de matériau, de dispositif et de cadre à la production d’une image. S’appuyant sur des écologies relationnelles et une critique des infrastructures, le projet mobilise des processus matériels et le dessin élargi afin d’examiner l’interconnexion entre production, exposition et documentation. Chaque œuvre se développe comme une trace de sa propre réalisation — un témoignage à la fois de ce qui apparaît et des conditions qui façonnent l’œuvre et sa rencontre avec le public. La circonstance devient forme. Comme dans le dessin, où le support rend la ligne visible, le contexte révèle les mécanismes à l’œuvre dans l’image. L’institution, elle aussi, fonctionne comme un mécanisme de visibilité : elle cadre, autorise et oriente l’engagement. L’œuvre entre dans ces structures tout en en déstabilisant les contours, occupant les espaces entre contenant et contenu, visibilité et exclusion, intérieur et extérieur.
Le projet, provisoirement intitulé Picture Transition (Storefront), sera développé au cours des 18 prochains mois et prolonge cette recherche en se concentrant sur l’espace du document et sa relation à son caractère situé, sa positionnalité, sa performativité et à sa spectatorialité. Conçu comme un dessin destiné à une vitrine, il met en relation l’œuvre, le site et le regardeur. La vitrine devient à la fois un espace de production et de présentation, tandis que la fenêtre agit comme surface, seuil et miroir. La visibilité n’est jamais neutre ; elle est produite par des relations spatiales, institutionnelles et sociales. À son achèvement, l’œuvre existe simultanément comme image et comme événement, représentation et action : quelque chose qui est présenté au regardeur et quelque chose qui s’active par sa présence. L’image ne se contente pas d’occuper les conditions de sa visibilité; elle les révèle et participe aux conditions mêmes de sa réalisation.
La vitrine fonctionne à la fois comme lieu de production et, à certains moments du développement de l’œuvre, comme espace d’exposition ouvert au public. Toutes et tous sont les bienvenus.
Le projet, provisoirement intitulé Picture Transition (Storefront), sera développé au cours des 18 prochains mois et prolonge cette recherche en se concentrant sur l’espace du document et sa relation à son caractère situé, sa positionnalité, sa performativité et à sa spectatorialité. Conçu comme un dessin destiné à une vitrine, il met en relation l’œuvre, le site et le regardeur. La vitrine devient à la fois un espace de production et de présentation, tandis que la fenêtre agit comme surface, seuil et miroir. La visibilité n’est jamais neutre ; elle est produite par des relations spatiales, institutionnelles et sociales. À son achèvement, l’œuvre existe simultanément comme image et comme événement, représentation et action : quelque chose qui est présenté au regardeur et quelque chose qui s’active par sa présence. L’image ne se contente pas d’occuper les conditions de sa visibilité; elle les révèle et participe aux conditions mêmes de sa réalisation.
La vitrine fonctionne à la fois comme lieu de production et, à certains moments du développement de l’œuvre, comme espace d’exposition ouvert au public. Toutes et tous sont les bienvenus.
biographie
Sarah Greig détient un baccalauréat en beaux-arts, profil dessin, de l’Université Nova Scotia College of Art and Design, et une maîtrise en arts plastiques, concentration Arts médiatiques (Open Media) de l’Université Concordia. Depuis plusieurs années, elle crée des œuvres dans des lieux éphémères ou périphériques. L’image étant engendrée à partir d’un élément du site, l’œuvre finale devient une documentation du processus, celui de sa constitution. Cette sorte de démarche se manifeste le plus souvent sous forme photographique mais il s’agit ultimement d’une forme de dessin processuel. L’œuvre est donc façonnée par le dessin lui-même, et ses conditions de production lui donnent sa forme ultérieure. L’expérience de se retrouver dans un lieu donné révèle une autre forme d’espace – à distance et en relation. L’image et l’action entrent dans un rapport réciproque où l’action de l’image et l’action au sens plus large sont enchevêtrées. Greig a été résidente à la Fonderie Darling de 2013 à 2016 et enseigne le dessin à l’Université Concordia.